L’Atome Noir
Jeudi 20 décembre 2012, plus que quelques heures pour vivre, là où les secondes sont plus précieuses que l’or, l’amour plus important que l’argent. Enfin une vie idéalisée avant l’apocalypse annoncé.
La vie humaine va disparaître à jamais. La nature a enfin prit sa revanche. Pourtant certains signes avaient averti les hommes. Le réchauffement climatique, la montée des eaux, la fonte des glaciers, les tremblements de terre. Et nous on continuait, comme si rien n’était. Sauf certains d’entre nous en avaient conscience, comme des animaux sauvages qui ressentent le danger.
Des personnes faibles d’esprit se jettent depuis les falaises avec leurs enfants. D’autres profitent d’assassiner leurs voisins en leur tranchant la gorge. La vue du sang les excite comme des vampires assoiffés d’une rare violence. Ils n’avaient rien à perdre, car eux aussi allaient mourir, mais ils auraient satisfait leur désir. Il faut soigner le mal par le mal. La cause de cette apocalypse était l’homme. On doit alors le détruire…
En effet quelques années auparavant, des recherches secrètes ont démontré que l’être humain est un animal extraterrestre venu d’une autre galaxie, qui après avoir dévasté sa planète, s’est réfugier sur la planète bleue.
Après avoir analysé des milliards de cordons ombilicaux, un atome noir a été découvert. Or cette matière est inconnue sur notre système solaire. Des sévères analyses ont été effectuées, mais sans succès. Mais un jour le résultat tombe enfin. Une équipe de savants ont retrouvé au Mexique des traces de cette matière inconnue. Dans un cratère, là où un météorite est tombé il y a quelques milliards d’années, en provoquant la disparition, des animaux préhistoriques.
Chaque atome noir contient des informations confidentielles de l’espace, de l’univers. Des mystères loin des mythes éthiques devaient rester secrets. Mais un savant fou rêvant de gloire le dévoila au journaliste, qui réparti vite la nouvelle. Les religions, toutes confondues s’agitèrent, et pour une fois étaient unies. Elles défendaient leur vérité sur la création de l’homme.
Ainsi ce scientifique fut assassiné au nom des religions et d’autres équipes de chercheurs furent exterminés, ainsi que les grands intellectuels. Le sang coule à tout va sur cette terre, proche d’une troisième guerre mondiale mélangée d’une guerre civile internationale.
Des satellites programmés pour ses recherches dérangent. L’autorité militaire mondiale décide donc de les détruire. Ils envoient donc des missiles nucléaires en leur direction, cependant la forte explosion provoque dans l’espace un dérèglement des planètes de notre système solaire.
Le 21 décembre 2012, les planètes du système solaire seront alignées pour la première fois depuis la nuit des temps. Une force magnétique va s’exercer sur la terre, réveillant, les quatre volcans, les plus redoutés de la planète bleue. Cette dernière sera recouverte de fines particules de souffre, de métaux lourd, rendant la respiration difficile.
La terre tremble, les tours immense tombent comme des châteaux de cartes, les centrales nucléaires explosent, le sol craque. Les morts se comptent par milliard, et les survivants vont mourir de maladies, de manque de nourriture…La fin approche…
Les fissures terrestres s’agrandissent, les pierres de l’enfer, ressurgissent. La fissure attient le noyau et explose…
Le bruit réveilla Jean François, Il sorti de son sommeil, il se lève de son lit. Depuis plusieurs jours, il faisait ce même cauchemar. La fin du monde lui hantait l’esprit depuis plusieurs mois. En ouvrant les volets, Jean François observe le ciel. Il est encore noir, normal, il est six heures du matin. Il voulait regarder encore une fois le soleil se lever, la lune se coucher dans son drap blanc.
Ses âmes, ses fantômes témoins du passé, connaissaient l’avenir. Quant à lui, il était ce présent. Comme ses milliards d’humains, entrain de bousiller cette terre innocente face au massacre biologique.
Jean François marche le long de l’Yonne, le silence l’accompagne. Il aime cette solitude, dans ma tête il visionne le monde, celui qu’il désire laisser, à la prochaine génération. Oui ! Tout casser, tout détruire, pour tout reconstruire.
IL est un artiste, ce monde lui déplait, et il le fait savoir. Il est un extra-terrestre, qui vit dans cette planète qui ne lui convient pas, il est un naufragé solitaire perdu dans ses pensées, Jean François est cet atome noir.
Dans quelques heures, ce sera la fin du monde, tant mieux ! Le sien alors pourra commencer. Il sera plus beau, plus riche, plus vrai. Il pourrait se balader avec un entonnoir sur sa tête. Il serait enfin libre. Personne ne sera là pour lui dire qu’il est fou. Et pourtant il le fut assez longtemps, pour vivre avec des hommes qui ne comprenaient rien à, la vie.
Jean François s’assoit quelques instants sur le talus, le soleil montra ses premiers rayons. Il était si beau qu’une larme roula sur sa joue, la beauté de la nature réveilla ses sens, malgré le froid, il lui réchauffa le cœur.
Avant de rentrer, il va au centre-ville acheter de pains au chocolats, la boulangère gardait son éternel sourire, insouciante comme tous les jours. A son retour, mon petit déjeuné était servi, Carole son épouse lui avait préparé mon café noir, bien serré comme d’habitude. Son fils, Enzo faisait le clown, un entonnoir sur sa tête et une plume d’oiseau dedans.
A son arrivée, il lui dit
- Papa, t’as vu je suis un Chevalier
- Oui mon cœur, tu as raison dans la vie, il faut se battre, au nom de la terre, car tu es son enfant. Demain elle sera à toi. Son avenir t’appartient.
- Mais Papa, pourquoi tu pleures ?
- J’ai peur pour toi, pour moi, pour nous, Voilà pourquoi !
Il se jette dans ses bras, il connaissait mes peines. Carole aussi. Il y a tout juste trois mois, je perdais mon emploi. Cette année, il n’y aura pas de Noël.
Voilà pourquoi il voudrait la fin du monde. Ses maigres revenus ne leurs permettent pas de faire des folies, leur loyer était cher, et trop d’emprunt sur le dos.
Durant leur petit déjeuné, Enzo m’intriguait les parents
- Dites, vous savez ce que j’ai commandé au Père Noël ?
-Ah non ! Dis-moi tout, répondit Jean François
- Eh bien rien ! Je veux qu’on soit libre et heureux tous le trois !
- tu ne veux pas de jouet ? demanda Carole
- Mais j’en ai plein, et j’ai mon entonnoir et ma plume. Regardez mon chapeau noir, il va me protéger, et avec ma plume je vais écrire, écrire mes rêves. Moi aussi je veux vous aider à refaire ce monde. Ma plume est blanche comme la paix, l’innocence. Et mon entonnoir est noir comme cet atome noir. Noir comme l’espoir.
Jean François regardait son épouse, et ne pouvaient s’empêcher de sourire et de verser une larme. Enzo avait raison. Son innocence face à la crise et la fin du monde leur rendait l’espoir. Cette force d’aller jusqu’à demain. Oui demain sera un autre jour, un autre monde, le nôtre.
Christian Rabussier
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Décembre 2012