Elle tient le comptoir comme on tient tête au monde,
Dans ses yeux, des éclats de nuits profondes.
La tenancière du bordel, reine sans couronne,
Son royaume : des draps froissés, des âmes qui résonnent.
Elle connaît les silences lourds des hommes en fuite,
Les soupirs qui s’achètent, les caresses en poursuite.
Son rire claque comme un fouet sur les murs fanés,
Et ses talons martèlent les regrets abandonnés.
Pas de morale ici, juste des vérités crues,
Des corps qui s’oublient, des vies mises à nu.
Elle distribue les rôles, les fantasmes, les peines,
Et sous son rouge à lèvres, c’est l’histoire qui saigne.
Elle parle peu, mais chaque mot est une gifle,
Elle n’a pas besoin d’amour, elle vend le mythe.
Mais parfois, dans l’ombre, quand le rideau tombe,
Elle rêve d’un ailleurs, loin des chambres sombres.
La tenancière du bordel, c’est pas une victime,
C’est une guerrière, une flamme, une rime.
Et si tu crois la juger, regarde-toi d’abord,
Car elle, au moins, elle vit… sans remords.
Christian rabussier
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