Blues à Mort
Des cordes déchirent l’air,
Griffent les chairs,
Saignent les doigts
Et il y a
Dans l’atmosphère,
Comme une sorte de trépas,
Déjà mélangé au mystère
A chaque fois…
Le Blues rampe,
Comme une vipère
Au bout des doigts,
Il exacerbe, il exaspère
Les nerfs de ceux
Qui l’écoutent là
Et il va jusqu’à la prière
Au fond des cieux
Dans l’Au-delà…
Et quand le chantait ma mère,
La voix éraillée par l’émoi,
Elle faisait frissonner ma chair
Au fond de l’Alabama,
J’ai envie de pleurer, ma mère,
Depuis que t’es partie là-bas
En ces trop lointaines terres
Où le Blues te bercera…
Et moi dans mon rocking-chair,
Je me balance à tout va,
Mes éperons grattant la terre,
La terre de l’Alabama…
Et j’ai le Blues pour prière,
Il faut bien que je m’en sorte,
Un jour claquerai ma porte
Et je passerai la frontière
De l’Etat…
Jacques Hiers
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