Ma vie,
Dans le vaste courant où naissent les âmes,
J’ai surgi, rêve fragile, au cœur du monde immense —
Ma conception, secret tissé de bras et de flammes,
Portée par l’espérance, et la toute première danse.
Ma vie s’est épanouie sur des routes incertaines,
Où chaque doute éclaire et chaque espoir déteint.
J’ai appris à marcher, à tomber, à renaître,
À plonger dans l’orage, à m’offrir à la lumière.
Mes amours brillent, constellation changeante,
Parfois brûlants, parfois discrets comme la rosée.
Ils m’ont forgé le cœur, m’ont appris la patience,
La tendresse des mots, l’absence et la beauté.
J’ai combattu l’ombre, la peur et le silence,
Porté haut mes drapeaux, défendu mes envies.
Sous la pluie, sous le vent, j’ai crié ma présence,
Gravé sur l’horizon la trace de mes nuits.
Et s’il me reste cent routes à parcourir encore,
C’est fort de mes amours, de mes luttes, de mes sorts,
Que j’ouvrirai demain comme un livre à écrire,
Genoux parfois tremblants, mais le regard à bâtir.
Christian Rabussier
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