Elle était assise sur un banc, en attendant le client
Habillée courte vêtue, son maquillage cachait sa tristesse.
Alors je me suis approché, et me suis assis à côté.
Étonnée, elle m’a regardé, et glissé un papier dans ma main.
Ce sont les tarifs de mon service.
Désolé madame, je venais juste vous parler.
Si vous désirez, venir prendre un café.
Sans hésiter, elle accepta, me regarda.
Qui êtes — vous monsieur ?
Personne, personne madame. Je ne suis qu’un poète.
Un homme incompris, malheureux, car trop sensible.
Et j’ai remarqué cette même impression sur votre visage.
Où est passé le romantisme, la tendresse, l’amitié tout simplement ?
On baise, on suce, on s’encule ; à deux, dix ou vingt. Et après ?
Que fera-t-on lorsqu’on sera trop vieux ?
Madame, vous avez sans doute des enfants.
Votre mari s’est barré, en laissant le loyer à payer.
Ma grande maison et mon cœur sont vides.
Ils vous accueilleront sans problème.
Pour une nuit, un an, une vie.
Et pour oublier toutes ces salopes qui ont détruit nos vies.
On prendra le temps de réinventer l’amour.
Christian Rabussier
20-06-22
/image%2F0995024%2F20220606%2Fob_8ca9ca_pexels-makjp-12231959.jpg)