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L'oiseau bleu

Articles avec #arthur rimbaud

rimbaud : L'idole : sonnet du trou du cul

26 Juillet 2011, 13:26pm

Publié par christian rabussier

Obscur et froncé comme un oeillet violet

Il respire, humblement tapi parmis la mousse

Humide encor d'amour qui suit la fuite douce

Des fesses blanches jusqu'au coeur de son ourlet.

 

Des filaments pareils à ds larmes de lait

Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,

A travers de petits caillots de marne rousse

Pour s'aller perdre où la pente les appelait.

 

Mon rêve s'aboucha souvent à sa ventouse ;

mon âme, du coït matériel jalouse,

En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

 

c'est l'olive pâmée, et la flûte câline ;

c'est le tube où descend la celeste praline :

chanaan féminin dans les moiteurs enclos ! 

 

de l'album Zutique

 


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Le Dormeur du Val : Arthur Rimbaud

30 Novembre 2010, 00:00am

Publié par christian rabussier

C'est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons

D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

 

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

 

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Octobre 1870

Arthur Rimbaud

(sdecond cahier)

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Chant de guerre parisien: poésie: Arthur Rimbaud

11 Novembre 2010, 11:07am

Publié par christian rabussier

Le Printemps est évident, car

Du coeur des Propriétés vertes,

Le vol de Thiers et de Picard

Tient ses splendeurs grandes ouvertes !

 

Ö Mai ! Quel délirant cul-nus !

Sèvres, Meudon, Bagneux, Asnières,

Ecoutez donc les bienvenus

Semer les choses printanières !

 

Ils ont schako, sabre et tam-tam

Non, la vieille boîte à bougies

Et des yoles qui n'ont jam, jam...

Fendent le lac aux eaux rougies !

 

Plus que jamais nous bambochons

Quand arrivent sur nos tanières

Crouler les jaunes cabochons

Dans les aubes particulières !

 

Thiers et Picard sont Eros,

Des enleveurs d'héliotropes,

Au pétrole, ils font des Corots

Voici Hannetonner leurs tropes...

 

Ils sont familiers du Grand Truc !...

Et couché dans les glaïeuls, Favre

Fait son cillement aqueduc

Et reniflements à poivre !

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Arthur Rimbaud : Les lèvres closes ( 1871 )

8 Septembre 2010, 00:00am

Publié par christian rabussier

Vu à Rome

 

Il est à Rome, à la sixtine,

Couverte d'emblèmes chrétiens,

Une cassette écarlatine

Où sèchent des nez fort anciens :

 

Nez d'ascètes de Thébaïde,

Nez de chamoines du Saint graal

Où se figeat la nuit livide,

Et l'ancien plant- chant sépulcral.

 

Dans leur sécheresse mystique,

Tous les matins on introduit

De l'immondice shismatique

Qu'en poudre fine on a réduit.

 

 

 

 

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Arthur Rimbaud (1854-1891) : Larme

31 Mai 2010, 21:12pm

Publié par christian rabussier

Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,

Je buvais, accroupi dans quelque bruyère

Entourée de tendres bois de noisetiers,

Par un brouillard d'après midi tiède et vert.

 

Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,

Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert,

Que tirais-je à la gourde de colocase ?

Quelque liqueur d'or, fade et qui fait suer.

 

Tel, j'eusse été mauvaise enseigne d'auberge,

Puis l'orage changea le ciel, jusqu'au soir.

Ce furent des pays noirs, des lacs, des perches,

Des colonnades sous la nuit bleue, des gares.

 

L'eau des bois se perdait sur des sables vierges

Le vent, du ciel, jetait des glaçons aux mares...

Or tel qu'un pêcheur d'or ou de coquilages,

Dire que je n'ai pas eu souci de boire !

 

Mai 1872

 

 

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Arthur Rimbaud (1854-1891) : Aube

29 Avril 2010, 19:35pm

Publié par christian rabussier

J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

 

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son mon.

 

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

 

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras, Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de mabre, je la chassais.

 

En haut de la route, prés d'un bois de lauriers, je l' ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

 

Au réveil il était midi.

 

Les illuminations (1886)

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