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L'oiseau bleu

Kinou et la boite à rêve : nouvelle

8 Juin 2012, 23:04pm

Publié par christian rabussier

Kinou et la boite à rêve

 

Mon deux pièces, m’attendait, triste froid et humide.  Les murs pleuraient, ma tristesse si profonde. J’augmente le thermostat  du chauffage de la salle de bain, si minuscule. Elle sera chaude en cinq minutes. Une bonne douche chaude me fera du bien.

Je me déshabille doucement, mes membres, n’avaient plus de force, les muscles sont engourdis   par le froid. J’avance dans le bac à douche, la pomme jette brusquement cette eau brûlante sur ma peau, me massant la nuque avec énergie. Je me frictionne le corps.  Une audace certaine, se transverse dans mes artères, me donnant cette force. Je me rince, l’eau froide réveille mes sens.

Une heure du matin, je suis dans mon lit, je n’arrive pas à trouver le sommeil. Pourtant mes paupières lourdes se ferment. Peu à peu je m’enfonce dans la pénombre, dans l’enfer du silence où règne l’incompréhension  et rempli de doute.

Soudain, alors que la chambre nageait dans le noir absolu. Une forte lumière me réveilla, elle apparut sous la porte, une flaque d’eau entre dans la pièce, une vague arriva. Un bruit sourd se fit entendre, je me lève. J’ouvre la porte. Une seconde vague vient de se fracasser contre le mur.

Mais d’où  vient cette eau ? La chambre était entièrement inondée. Je pris le matelas, et un grand morceau  de bois qui calait mon lit.

Au fur et à mesure, je ramasse des branches d’arbres venant de nulle part et tout clamecycois, descendant d’une famille de flotteurs, je commence à batir mon radeau comme l’exige la tradition. Je ne me posais aucune question. Pourtant je ne  savais pas, où j’allais et ni ce que je faisais. Je me lance donc dans cette aventure exaltante.

J’étais Kinou, le petit flotteur en direction de la capitale, comme mes ancètres, emmener ce bois, afin de réchauffer les cœurs des parisiens. Mon arrière-grand- père avait fait le dernier voyage. Il en avait fait sa fierté. Les dangers bravés sur le canal nivernais. Il fallait travailler dur. Jamais Paris ne serait Paris sans Clamecy. Tandis que la capitale grelotait de froid, quatre siècles durant, les traines-bûches et ces t’chti dans l’ieau travaillaient avec labeur.

Petit à petit, l’étendue de l’eau s’avance en moi, où j’étais, je n’en sais rien. J’étais sur le Manuréva, perdu en mer, partir rejoindre Alain Colas, vous savez, ce navigateur solitaire. Cette mer, belle et sauvage gardait en elle son mystère. Que s’est-il passé. Pourquoi ce Clamecycois a disparu. Nul- le sait. Sauf mère  nature, qui a tout vu, mais qui est restée muette à tout jamais.

Soudain, j’aperçois une lueur. Doucement j’avançais, dans ce couloir de lumière intense. La mer était à ma portée. Le ciel était rayonnant. Le bleu azur se mélangeait avec la mer. Comme un couple qui s’enlace bercé par les roulements des vagues. Oui le bonheur était là, regardant la nature vivre, ne rien faire.

Au loin un grand voilier à trois mats, m’attendait. Je débarque sur la parcelle, personne. Le vaisseau était déserté. Soudain la barre tourna, le bateau se mit en route. Comme un fantôme, il naviguait, ivre de liberté, il dansa sur cette eau troublée par un étrange brouillard. L’horizon était voilé, comme l’est la vie par l’incertitude.

J’accostai sur une terre inconnue. Un homme m’attendait là.

-Hé Matelot, vous avez fait un bon voyage ?, me demande-t-il.

-oui, merci, mais qui êtes-vous ?

-Je suis le promeneur des songes, Bienvenue au pays des rêves.

-étonné je reprends « Le pays des rêves »

-Oui ici, tout est illusion, loin de la réalité. Là où l’inaccessible est possible. Allez Thierry, viens je vais te faire visiter mon royaume. Ici tu peux te ressourcer quand tu veux, tiens voici la clef. Surtout ne la perd pas.

-Mais c’est la clef de la porte de mon placard !

Il mit sa main sur sa barbe blanche et se mit à rire. L’autre main, tenait sa canne. Il était grand, son chapeau  coloré l’allongeait  de plus belle. Son habit avait des couleurs de l’arc en ciel.

Soudain, au loin, une fillette me fait signe de la main.

-Hé Kinou, te voilà enfin, je m’impatientais

J’avance intrigué, Sonia ma sœur était là.

-Sonia, tu fais quoi ici ?

-Ici c’est mon paradis, c’est super

Le promeneur des songes me vint à moi.

- Thierry, ah te voilà, je te cherchais, tu viens oui ou non !

Judikaël, ce grand homme à la barbe blanche, était le gardien des rêves de toutes les créatures du monde. Un champ de fleur, aux mille couleurs ornementait un immense château. Cependant aucune fenêtre, ni de porte.

-Pardon Judikaël, comme c’est étrange comment peut-on y accéder, il ya aucune ouverture.

Sonia qui nous avez suivi répondit à sa place.

-C’est simple par les murs

Judikaël reprit.

-oui Kinou, regarde ton bijou.

En effet la lumière était de plus en plus vive.

-Tant que tu le porteras, L’oiseau bleu t’ouvrira la porte   des rêves. Allez mes enfants on y va. Mais attention, il est interdit d’ouvrir les boites sans mon autorisation.

-les  boites, mais quelles boites ?

-Mais Kinou, les boites à rêves, voyons !

On s’enfonça dans les pierres comme des passes-murailles ou encore des fantômes. En fait notre corps est un ensemble d’atome. Ceux-ci se détachent pour se recomposer ensuite. La souffrance, la douleur, la vie et la mort est faite pour vous rappeler l’importance du temps qui passe. Le château était grandiose, de l’or à perte de vue, des coffres abondants de diamants et autres pierres précieuses.

Judi me regarde, tout en disant :

-Ne t’avises pas à toucher au trésor, il est maudit, combien d’hommes, de civilisations massacrées pour cette  matière dorée. Saches que tu as le même dans ton cœur. La couleur de l’or tu la trouveras dans tes yeux, et sa valeur tu l’as dans ton cœur. L’amour est l’ultime richesse.

Sur ces paroles douces, une larme roula sur ma joue. Sonia le vit et me dit.

-Mon p’tit Kinou, tu pleures.

-Non j’ai une poussière dans l’œil

-Menteur frangin j’t’ai vu !

Judi fit la même remarque, mais il regarda mon œil.

-Parbleu !

-Quoi encore

-C’est quoi cette tâche sur ta joue

-je n’en sais rien

Kinou passe sa main sur sa joue, il la regarde et s’exclame soudain :

-Mais c’est de l’or

-Oui, reprit Judi, comme je te l’ai dit, tu as le plus beau des trésors : La vie.

Soudain, l’oiseau bleu se mit à briller fortement, la lumière s’imprégnait en moi. Judi me prit par la main et me dit.

-Kinou, tu dois partir retourner sur terre, ton devoir t’appelle. Rappelles- toi de tout ce qu’on a vu. Mais surtout ne dis rien à personne.

Je le regardais, je l’écoutais, il était mon guide. Sonia approche et se serre tout contre moi.

-Kinou, prend soin de toi, en cas de besoin, je serais là, surtout reviens nous voir.

-Oui, ne t’en fais pas, j’ai la clef, je dois retourner, auprès de Clara et Pierre. A bientôt Sonia et merci encore Judikaël.

La lumière blanche pris possession de mon corps.

Quelques instants après, la lumière du jour transperçait les volets. Le soleil venait de caresser tendrement la joue, comme une mère réveille son enfant. Doucement j’ouvre les yeux, ils reflétèrent la lumière.

Il y a des nuits qui portent conseils, des rencontres, fictives ou réelles qui changent votre vie. Des objets qui vous parlent. Ces détails anodins prennent soudain, une grande importance. On oublie souvent que la vie est si belle.

 

Christian Rabussier

Tous droits réservés 2012

  

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Evy 09/06/2012 14:02


Chaque choses et important dans la vie faut en profité des instants de bonheurs bonne journée bisous evy