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L'oiseau bleu

Défi : sensuelle ; derrière la porte : nouvelle

11 Octobre 2012, 22:21pm

Publié par christian rabussier

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Il était là, devant la porte. Un bouquet de fleur à la main Il ne connaissait pas Linda. Comment était –elle ?  Il se rappelle simplement de ce SMS qu’il a récemment reçu. En effet, inscrit sur un site de rencontre. Ils se sont échangés des messages brûlants.

Eh oui, Thierry le savait, il était là pour baiser. N’est-ce pas par hasard qu’il a dans sa poche de pantalon gauche une boite de préservatif de taille extra large. Que voulez-vous faire avec une femme, sinon baiser. Vous vous pointez chez elle, avec un bouquet de fleur à la main et vous lui dites que c’est pour jouer une partie de bataille navale. Franchement, elle va vous rire au nez, et vous flanquer les roses sur la tronche. Le romantisme se perd. Thierry est ce Quadros  sensible à la recherche du bonheur perdu. Mais comme tous les hommes, il se plie à cette standardisation sociale. Aujourd’hui on vient plutôt avec d’un paquet de capote en disant « tiens c’est pour ce soir «.

Bref on baise, et si on a le temps, on parle un peu, l’histoire de recharger les sex-toys ; l’après, on s’en fout. Nous sommes devenus des objets sexuels avides de sentiment. Une chose parmi d’autres, ou seule la façade compte. Ion vous colle des étiquettes et vous range par catégories. Comme de boites de conserves bien rangées dans une gondole d’un hypermarché. Thierry aimait les femmes, enfin il croit. Cette standardisation va encore plus loin. Car la virilité masculine se mesure en centimètre et en diamètre. La performance est placée au haut de l’échelle. Tout se passe sous la ceinture. Quant à la séduction, elle vole plutôt bas entre mensonge et hypocrisie. Et comme on est lâche on préfère le SMS.

Tout commence sur un site internet de rencontre. On se donne un pseudo, une nouvelle image, un avatar.

On se cherche à s’oublier à travers un personnage. Une nouvelle vie alors commence, des rêves, des fantasmes renaissent. On se fait des amis. L’instant de quelques minutes, on se dit tout et rien à la fois.

Cette recherche est le symbole d’une société en perte d’identité. La peur du temps qui passe, mais surtout de cette solitude qui nous pèse. Les déceptions amoureuses, perdues entre le rêve et la réalité en sont les conséquences sociales. Aujourd’hui être trop sentimental est synonyme de faiblesse. Mais pourtant pour tout être sensible, il suffit de regarder la nature et d’en tomber amoureux. Par exemple cette fleur puisant toutes ses forces pour sortir de terre affrontant les saisons et enfin s’éclore.

Ces petits détails minuscules soient-ils donnent de la valeur à ces instants précieux que la vie nous offre. Chaque rencontre provoque un enrichissement individuel et permet de se reconnaitre. L’amour est un jeu de miroir «  comment je peux t’aimer si je ne m’aime pas ». Trop souvent on rejette l’amour qu’on reçoit, car en fait on se culpabilise : On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas.

La crise sociale qui est en fait une crise personnelle déstabilise la   personnalité de l’individu. Sa perte de confiance. Mais surtout la peur de l’avenir. Désorienté, confisqué de tout repère il erre dans le doute. Le doute provoque alors une remise en cause, aussi bien que professionnelle que sentimentale. On cherche ces branches d’arbres qui vous empêchent de toucher le fond. On s’accroche. Mais parfois celle qui vous croyait solide, craque et on tombe de plus en plus belle, dans ce méandre où règne l’incertitude. On refuse d’aimer, alors que l’amour est très souvent à notre porte.

Thierry a trois blocs de rock, auxquels il peut compter, sa famille, son amour et  l’amitié. Mais ce soir il avait besoin de rencontrer Linda. Après avoir flâné les  rues d’Auxerre, il avait le blues dans l’âme. Oui Kinou était là comme un con, devant la porte, à deux doigts de frapper. Il réfléchit. Comment aller-t-elle réagir ?

Pourtant Kinou était un homme élégant, fort de caractère. Il connaissait bien les femmes. Il en a vu des blondes, des brunes, des rousses, des folles. Mais là il n’avait pas le moral. Il cherchait une épaule pour se reposer. Thierry  Renard, alias Kinou, est romantique, sensible fragile. Des fois, il voudrait dire aux femmes qu’il est homosexuel, alors que ce n’est qu’un pur mensonge. Rien que pour rester avec elles. Apprendre à les aimer sans pour autant les toucher. Comme une fleur qu’on n’ose pas cueillir, par peur de froisser ses pétales, et de la voir fanée avant l’heure. Oui l’amour c’est cela aussi. Le rôle de l’homme c’est de rendre belle les femmes pas de les faire souffrir mais de les faire sourire.

L’être sensible comme l’est Kinou, dérange. Alors on se renferme dans une carapace pour être comme tout le monde.

Or ce soir Kinou brise le protocole……………………….

 

Christian Rabussier

 

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2012

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